Les recherches en peinture de Véronique Chagnon Côté visent à comprendre la phénoménologie de notre perception de l’espace et les productions visuelles qui en découlent. Elle étudie l’éclosion des images qui tantôt disparaissent en un clic, l’ubiquité des temporalités, la permanence et l’évanescence de lieux et d’expériences formant des espaces culturellement construits. Sa pratique de la peinture cherche à piéger ces zones incertaines qui nous glissent entre les doigts, mais qui, peut-être, se saisissent à la surface de la toile.
Situant son travail dans une approche féministe, Chagnon Côté cumule son expérience vécue de la culture visuelle et puise ses sujets dans les représentations atemporelles de l’espace architectural, féminin ou naturel. À travers celles-ci, elle réfléchit à la circulation contemporaine des images et tente de rendre sensible une époque saturée de présents.
La surface des tableaux est façonnée par des stratégies de condensations visuelles : retournements d’image, superpositions de couches transparentes, fragmentations ou fusions de multiples espaces représentés. La matérialité et le geste pictural sont mesurés, sensibles, et souvent élaborés par une épaisseur souple exploitant abondamment la ligne et les dégradés subtils. De cette densité optique émerge une temporalité active qui implique en elle-même la question du regard : à force de gestes et de matière, l’œuvre picturale se transforme peu à peu en un objet qui recueille les regards du monde.
Professeure













